Larmes de sang
30/05/2007 07:57 par manurevafleurdelys
26 avril 2007 -
Il aura 82 ans le 9 mai. Difficile à cet âge là de lui offrir un cadeau qui marque et qui lui fasse plaisir.
Par chance, il n'a jamais pris l'avion.
Donc, ce jour là, mes parents et nous sommes partis pour l'aérodrome d'Aix les Milles et en route pour l'aventure.
Aucune crainte, aucune peur, juste une formidable envie de voir la terre de là haut.
Juste un regret, que je ne l'accompagne pas mais comment laisser ma mère seule pendant deux heures?
Promis, Papa, le prochaine fois on laisse maman à la maison et on prend l'air tous les trois !
Pour vous avoir appris qu'il faut etudier et donner le maximum de vous memes
je vous demande pardon,
Pour vous avoir appris à respecter la vie, respecter l'age et respecter vos ainés
je vous demande pardon,
Pour vous avoir appris que le travail est la seule alternative et le seul moyen de vous en sortir
je vous demande pardon,
Pour avoir ete un exemple pour vous, pour vous avoir dit regardez moi
je vous demande pardon.
Toute ma vie, j'ai travaillé, trimé et j'ai toujours ete en règle.
J'ai toujours pensé que je payais trop de charges mais je me disais que ca servait à de plus malheureux que moi et que si par malheur il m'arrivait quelque chose je serai bien contente de vivre dans une societe qui soutient dans les accidents de la vie.
Seulement voila ! Amère desillusion !
Un jour, ca s'est produit. Un jour, on m'a dit maladie incurable mais pas mortelle attention hein ?
Par contre, plus le droit de travailler, plus assez de forces.
Ah bon ? mais j'ai trois enfants moi ! comment vais je faire pour les elever ?
M'enfin, madame, vous avez travaillé toute votre vie, vous avez meme cotisé 168 trimestres ! donc on va vous donner les moyens de vivre jusqu'a ce que vous puissiez pretendre à votre retraite puisque trop jeune.
Alors, je pose 10, je retiens 20, je pose rien, je retiens tout, voila on va vous donner genereusement 560 euros mais on vous donnera aussi l'allocation logement bien sur et excusez du peu, on vous attribue 270 euros sur les 900 de crédit que vous payez .
Et ce jour la, j'ai eu honte. Honte d'admettre devant vous, que je me suis trompée. Cette societe ne protege de rien et surtout pas ceux qui en ont besoin.
A toi Florence, qui a reussi à obtenir ta licence malgré un parcours difficile.
Pas de travail pour toi.
A toi Marine, qui difficilement, poursuit tes etudes avec l'espoir de deboucher sur quelque chose.
A toi Brice, qui a toujours bien travaillé et qui a tant d'ambition pour la suite de tes etudes. Je ne suis meme pas sure que tu parviennes à trouver du travail toi aussi.
Alors quand j'entends la France doit etre un pays de travail, de respect, d'humanité et de reussite, je suis fière d'avoir rempli toutes ces conditions, mais pour quel resultat ?
Ingrédients :200 g de foie gras mi-cuit, 1 rouleau de pâte feuilletée, 8 grosses pommes de terre à chair ferme (de calibre similaire), 2 tablettes de bouillon, 1 bouquet garni, 4 cuil. à soupe de graisse d’oie, sel, poivre.
Pelez les pommes de terre et lavez-les. Mettez-les dans un faitout, couvrez-les d’eau, ajoutez les tablettes, 2 cuillerées à soupe de graisse d’oie et le bouquet garni. Faites-les cuire à moitié, soit 10 à 12 min. Egouttez-les et coupez-les en rondelles régulières. Détaillez le foie gras en tranches.
Graissez une poêle à manche démontable (en fonte de préférence) d’environ 25 cm de diamètre. Rangez-y une couche de rondelles de pommes de terre, en les faisant se chevaucher en couronne, puis disposez une seconde couche.
Répartissez les tranches de foie gras dessus, versez le reste de graisse d’oie fondue. Faites colorer légèrement le dessous des pommes de terre sur feu vif 4 à 5 min. Retirez du feu et réservez.
Préchauffez le four à th 8 (240°). 15 min avant de servir, couvrez la poêle avec la pâte, rentrez les bords à l’intérieur et enfournez. Après 6 min, appuyez sur la pâte pour tasser l’intérieur et poursuivez la cuisson 10 min.
Pour servir, décollez les pommes de terre en secouant la poêle et en vous aidant d’un couteau souple. Renversez la tatin sur un plat de service et servez aussitôt.
La veille, faire tremper les clovisses dans de l'eau salee et vinaigree en changeant de temps en temps pour enlever le sable.
Faire revenir les poissons de roche avec l'oignon dans un faitout. Quand les poissons sont reduits en bouillie, ajouter le concentré de tomates, le fenouil et l'ail. Couvrir d'eau et laissez cuire 30 mns. Salez, poivrez.
Ecrasez au moulin à légumes.
Quand tout est ecrasé, filtrez le jus obtenu avec un chinois tres fin.
Dans cette soupe, faire cuire 30 mns le blanc d'encornet, puis ajouter les noix de st jacques et faire cuire 20 mns.
Rajouter de l'eau de temps en temps
Enlever les tetes aux crevettes ainsi que les pattes sur le dessous et faire cuire 10 mns
Ajoutez les clovisses et les moules et faire bouillir 10 mns avec un couvercle
Prélever de la soupe dans une marmite et deposer les pommes de terre coupees en rondelles fines. Il faut qu'elles soient couvertes. Surveillez bien la cuisson, il faut qu'elles soient fermes mais cuites.
Pour servir mettre une couche de pommes de terree au fond de l'assiette et le reste par dessus en etant genereux avec la soupe
Bon appétit.
Premier chapitre et surement le dernier d'ailleurs. Juste un rayon. Il passe par les volets mal joints. J'entends les gens qui parlent dans la rue, comment peux t on toujours avoir quelque chose a dire ? Je suis bien dans le mutisme.
Aucun besoin de parler, seulement dans ma tête et surtout à personne.
Garder en moi bien secret bien caché, bien tapi, comme un monstre hideux.
Ah ! Tous ces cartons, tous ces souvenirs à ranger !!!
Demain, demain je l'ai dit tant de fois et ca fait trois semaines maintenant.
Bon, je m'y mets.
Les murs vite cachés sous de grands draps corails et bleus. Le grand canapé de velours beige râpé, sali, éculé croule sous le poids des coussins, lui donnant un air de neuf, de magique.
Petite maison de village entourée d'un jardin.
Ma grand-mère savait que je serai la seule à l'aimer suffisamment pour y vivre.
Son odeur est encore là, légère, tenace. Odeur d'eau de toilette bon marché, de savon de Marseille, dont quelques vestiges sont encore présents sur le côté de la cheminée.
Grand-mère prévoyante, il y a de quoi se laver pendant 2 ans au moins ! La cuisine est assez grande la cuisinière à bois trône contre le mur. Dans un coin, une grande table de bois que je tire au milieu de la pièce. Posé au milieu mon bouddha de plâtre peint prend des allures d'objet d'art.
Moment délicat. Fouiller les placards et les tiroirs pour trier.
J'ai l'impression de violer son intimité, l'impression qu'a un moment où à un autre elle va me donner une grande claque derrière la tête. Bien rangés et étiquetés, ses bocaux me regardent d'un air réprobateur. Mais qu'est ce qu'elle fait cette petite femme à cheveux rouges, habillée de noir, en train de nous fixer d'un air perdu ?
Tiens, elle ressemble un peu à notre créatrice, même air buté, même yeux noirs et tristes. Les bocaux nettoyés et rangés d'un côté du placard, j'ouvre la seconde porte. Quel fouillis !
De vieux caoutchoucs de bocaux, de vieux bouchons, de vieilles étiquettes, des gousses d'ail ratatinées au fond de leur peau, des couteaux sans lame, des lames sans manches toute une vie de "ca peut servir".
Les yeux me piquent, j'ai mal au cœur, je sens que je vais vomir.
Vomir cette absence, ce manque d'elle.
Je tourne le dos et me prépare un café. Je n'ai pas mangé depuis deux jours et la fatigue commence à se faire sentir.
Assise devant le feu, je la revois en train de crocheter un napperon pour le mariage d’un ou la naissance d’un autre.
Je sais que plus tard ces souvenirs seront moins douloureux mais tout aussi présents. Tout les " ca peut servir "sont entassés dans un carton.
Il reste une grande boite de bois noir avec une serrure argentée. Pas de clé.
Déposée sur la table, la boite noire prend des dimensions de déjà vu. Je me souviens, elle trônait sur la commode de sa chambre comme un objet précieux.
J'inspecte le placard mais pas de clé. La boite a du perdre son effet magique et la clé à été égarée.
Aux pots de cheminée maintenant! Noircis, sales de tant de fumée de tant de feux de bois. La clé est là dans l'un d'eux brillante, attirante.
Assise, face à elle, je l'hypnotise, la dompte et la maîtrise. Enfin, je vais savoir ce que contenait cette boite mystérieuse.
Elle s'ouvre sans effort comme les serrures souvent ouvertes et fermées.
Des photos. De nous enfants, de mes parents, d'Yvane et de Pierre mes grands-parents, à tous les âges à tous les temps.
Une boite de bonbons métallique qui contient un chapelet, celui de ma mère pour sa communion, une alliance cabossée tordue usée avec ses quelques mots a l'intérieur : Yvane pour toujours. L'alliance de mon grand-père.
Un paquet de cigarettes entamé, je le reconnais. Elle l'avait trouvé dans mon sac à dos et sans un mot l'avait pris et emporté.
Au fond une grande boite à sucre.
Non pas une boite à sucre, c'est plus long plus haut.
A l'intérieur, le livret militaire de mon grand-père. Il était marin et avait échappé à deux naufrages sans avoir jamais su nager.
Et dessous, le miracle ! Cet argent qui me fait tant défaut, il est là ! Liasse de billets malodorants bien rangés, et sans âme.
Je ne compte même pas.
Je pleure seulement les bras ceints autour de la boite. Sans un bruit, sans un haussement d'épaule, je pleure. Ces larmes non versées, ces larmes salvatrices, sur elle qui me manque tant, sur moi seule maintenant, sans elle, sans eux, sans personne.
Je m'endors.
Ne dites pas c'est trop difficile, essayez cette recette et vous verrez qu'il n'y a rien de plus simple que ca.
Ingrédients : 200 grs de sucre, 6 œufs, 100 grs de beurre, 200 grs de farine
Faire fondre le beurre. Beurrer et fariner un moule un peu haut. Qu'il soit rond ou carré a peu d'importance.
Pour bien fariner un moule, y verser une petite cuillerée de farine, qui sera répartie en secouant le moule dans tous les sens, puis vider l'excédent.
Mettre les 200 grs de sucre avec les 6 œufs dans un grand saladier.
Déposer ce saladier au dessus d'une casserole d'eau en train de bouillir.
Avec un fouet électrique, battez ce mélange. Vous verrez au fur et à mesure le mélange va commencer à blanchir et à augmenter de volume.
Ajouter délicatement le beurre et la farine TAMISEE.
Verser dans le moule.
Mettre à four 5/6 pendant 30 minutes ( avant de sortir du four, vérifiez avec la pointe d'un couteau pour la cuisson)